Consultants, préparons l’avenir !

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Avant de commencer cet article qui est dédié à mes homologues consultants, voici une brève définition de ce métier:

 

« Le consultant est une ressource extérieure à une organisation à qui l’on fait appel afin d’obtenir une expertise sur un sujet particulier. »

 

Je rajouterai même sans trop exagérer, qu’il est généralement diplômé d’une école de commerce ou d’ingénieurs, qu’il intervient chez de nombreux clients prestigieux et qu’il est facturé entre 300e et 1500e la journée. Alors pourquoi préparez l’avenir me direz-vous ? Leur situation actuelle peut déjà en faire rêver certains et leur avenir peut paraître plus que prometteur….et pourtant…

 

Le consulting n’est plus un choix

 

Bien souvent, on ne choisit pas d’être consultant, on y est contraint. Les jeunes diplômés vous le diront, le cabinet de conseil et plus particulièrement la SSII (cabinet de conseil spécialisé en informatique) est un passage obligatoire pour commencer sa carrière. En effet, en dehors de ces structures : les postes se font rares !

 

Depuis quelques années, la tendance est claire : les entreprises cherchent à externaliser leurs activités informatiques quitte à payer des prestations intellectuelles à des prix exorbitants.

 

Pourquoi ? Tout simplement car l’informatique est un levier stratégique en constant changement. Par conséquent, pour une entreprise il est difficile et coûteux de former continuellement des ressources en interne. Surtout que pour beaucoup d’entre elles, l’informatique n’est pas leur cœur de métier. Les entreprises sont donc prêtes à payer plus pour choisir le consultant capable de répondre rapidement à un besoin précis et surtout pour s’en séparer dès qu’elle le désire. En France, ce besoin a d’autant plus de sens que le droit du travail français reste très contraignant : les salariés coûtent chers et sont extrêmement protégés.

 

Malgré ses prix élevés, l’externalisation reste une opération financière et comptable excellente. En effet, cette situation permet d’imputer le coût des consultants à des « projets » précis et donc de le distinguer de celui de la masse salariale. Il est évident qu’il est plus facile de couper le budget d’un ou plusieurs projets que de faire voter un plan de licenciement. La possibilité de réduire ces coûts drastiquement en cas de crise est un argument suffisant pour rassurer les marchés et donc justifier ces opérations de masse.

 

De l’externalisation à l’off-shore

 

De plus, ces coûts sont ajustables puisqu’ils dépendent du cabinet de conseil choisi. Les entreprises de la capitale n’hésitent donc plus à faire appel à des structures de province (near-shore) où les prix sont moins chers. Si les prix ne leur conviennent toujours pas, ils iront chercher plus loin : au Maghreb voire en Asie (off-shore).

 

Certains vous diront que la qualité n’est pas la même dans ces pays et qu’au final ça ne vaut pas le coût car les risques d’erreur sont trop élevés. Ils ont peut-être raison, mais ca reste à discuter…Quoi qu’il en soit la réalité est la : le consultant français se retrouve en compétition avec d’autres consultants de pays différents. Il ne faut pas oublier que l’entreprise est une structure opportuniste : si elle doit externaliser ailleurs pour réduire ses coûts elle le fera sans état d’âme.

 

Un avenir incertain nécessitant une préparation

 

Il est clair que dans ces conditions, la mondialisation va changer fondamentalement le profil du consultant. D’ailleurs qu’on le veuille ou non, le processus de changement a déjà commencé. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir les délocalisations des services informatiques, notamment en Inde. Les consultants sont déjà amenés à travailler avec des équipes internationales : l’anglais devient indispensable, parfois d’autres langues comme l’espagnol peuvent être nécessaires. De plus, certains métiers aujourd’hui à faible valeur ajoutée sont voués à disparaitre en France, je pense notamment aux développeurs dont les taches sont couteuses et faciles à délocaliser (en Inde la plupart du temps).

 

Il faut donc prendre conscience que les choses changent. Il faut se préparer avant que la crise ne nous balaye au profit de structures étrangères. Il ne s’agit pas de lire dans une boule de cristal mais de comprendre les motivations actuelles des entreprises pour en dégager une tendance future. Qui aurait imaginé il y a 20 ans que l’ingénieur de 2011 n’aurait même plus sa place en tant que salarié dans les entreprises dont le cœur de métier n’est pas l’informatique ? Qui aurait imaginé qu’il serait considéré comme une ressource interchangeable qui se baladerait de mission en mission ?

 

Aujourd’hui c’est un fait, ca fait parti de notre époque. Mais quel sera le sort des consultants pour les années à venir ?

 

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